Introduction

Historique

Ethique

Présentation

 

 

INTRODUCTION

La restauration est un phénomène qui a toujours intéressé les plus hautes instances de l'art. Il est incontestable que depuis quelques années un regain d'intérêt s'est porté sur cette discipline à la fois artisanale et scientifique. Un courant médiatique encouragé par les Musées est depuis une dizaine d'années en pleine expansion. La restauration devient de plus en plus accessible au grand public.

Il existe en France comme à l'étranger, un grand nombre de restaurations qui ont donné lieu à de très grandes expositions. C'est par exemple le cas de la restauration de Florence, ville inondée en 1966 . Cet événement tragique a su émouvoir le public, le rendre plus sensible à la conservation des tableaux. Les conditions de conservation doivent être des plus sûres.

D'autres travaux tels que ceux entrepris sur les fresques de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine à Rome, sur La Ronde de Nuit de Rembrandt au Rikjsmuseum, ou sur les noces de Cana de Véronèse au Louvre, ont déchaîné les chroniques de bon nombre de journaux. Ces restaurations qui ont fait la "une" des journaux du monde entier, ont eu pour effet d'ouvrir, au grand public, cet art jusqu'alors le fait d'un très petit nombre.

 

La conservation et la restauration sont deux pratiques, deux sciences tout à fait complémentaires. Ces deux disciplines, depuis des siècles sont pratiquées par des professionnels. Elles bénéficient aujourd'hui des découvertes scientifiques.

La physique appliquée, comme la chimie sont de grandes sources de réconfort pour le praticien. Il peut y trouver les réponses à ses interrogations ou à ses incertitudes.

Les métiers de rentoileur, ou de restaurateur, demandent comme tous les métiers artisanaux, une immense expérience, un apprentissage très long . Les données scientifiques, qui complètent l'artisanat, sont enseignées dans les ateliers, sur le tas, par expérience, ou dans des écoles. En France, les écoles nationales en restauration et conservation de peintures de chevalet, sont au nombre de deux. Il s'agit de l'I.F.R.O.A. : Institut Français de Restauration des Oeuvres d'Art, et d'une section universitaire dépendant de l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne : Maîtrise de Sciences et Techniques "Conservation, Restauration des Biens Culturels" . Un enseignement peu également être acquis dans des écoles régionales (Nimes, Tour) ou plus locales.

  

 

HISTORIQUE DE LA RESTAURATION DE TABLEAUX.

 Cette brève étude de la restauration au fil des siècles, nous permettra de mieux réaliser la nature des progrès techniques, ainsi que l'évolution des mentalités des praticiens.

 

Les archives constituent pour l'historique de la restauration de tableaux, la principale source d'informations. Elles nous permettent de savoir qu'autrefois ce travail était confié aux peintres eux-mêmes : ainsi François Premier avait chargé Primatice de l'entretien de ses tableaux au château de Fontainebleau.

 

Le rentoilage, c'est-à-dire le doublage de la toile originale par une toile neuve, dont on ne trouve mention que vers la fin du XVII° siècle, permit une étrange politique de modification des dimensions des tableaux, menée dès le règne de Louis XIV par le premier peintre du roi . Le tableau était, à l'époque des grandes collections installées à Paris et à Versailles, un simple objet de décoration lié aux emplacements successifs qu'il pouvait occuper. Ses dimensions étaient rectifiées grâce au rentoilage, afin de l'ajuster à la place qui lui était impartie.

Ces transformations liées à la taille des tableaux, ou à l'évolution des goûts de l'époque, continuèrent à se développer durant tout le XVIII° siècle. A travers les textes anciens, il parait très difficile de différencier ces rectifications de goût des véritables restaurations sur tableaux malades et nécessiteux.

Même si des tableaux rentoilés sont mentionnés dans l'inventaire des collections royales, en 1698, il faut attendre le milieu du XVIII° siècle pour lire la première description connue de la technique du rentoilage. Il est ainsi prouvé que le rentoilage était déjà très au point : la condition de sécurité (pose d'un cartonnage) sans laquelle le rentoilage serait beaucoup trop périlleux pour l'oeuvre, était déjà pratiquée ainsi que bon nombre d'interventions existant encore aujourd'hui refixage, parquetage, transposition ...

Les restaurateurs tels que les Hacquin père et fils, la veuve Godefroy, son collaborateur Colins, ainsi que Picault travaillaient tous à la même époque à Paris. La transposition naquit vraisemblablement en Italie dans le premier quart du XVIII° siècle. La Charité d'Andrea del Sartro fut le premier tableau des collections royales à être transposé en 1750-1751 par Picault. La transposition à l'inverse du rentoilage, ne se contente pas de doubler le support original mais le remplace tout simplement par un nouveau support. Ce tableau fut transposé de bois (support d'origine) sur toile (nouveau support) à Paris. Cette prouesse technique suscita l'admiration de tous, y compris du roi .

La transposition comme le rentoilage eurent une très large application à travers les tableaux conquis par les armées françaises en Europe ( en Belgique en 1794, en Italie en 1796 par le Traité de Tolentino, aux Pays-Bas en 1797, en Bavière en 1800 etc.). La renommée des restaurateurs Français tels que les Hacquin devint mondiale. Mais il est à déplorer que bon nombre d'oeuvres aient pu servir de cobayes.

 

  

ETHIQUE DU RESTAURATEUR :

 

Ceci nous amène à l'un des points les plus importants de ce métier et surtout résume la philosophie du restaurateur actuel qui doit avoir le respect le plus profond de l'oeuvre d'art. Toute intervention, autant que faire ce peut, doit être réversible . Cette phrase à elle seule résume l'étique du restaurateur actuel, échaudé par les aberrations rencontrées au fil des siècles (restaurations abusives, rentoilages ou transpositions quasi systématiques au XVIII° siècle...), et conscient que nul n'est à l'abri de l'erreur. Différentes écoles dont les techniques sont souvent plus ou moins différentes, essayent toujours de répondre aux exigences de la réversibilité.

 

Mais il est important de préciser les termes de conservation et de restauration qui ont entraîné une polémique au sein de différents pays.

Un tableau malade demande un soin particulier.

La conservation et la restauration sont des termes qui dans les pays anglo-saxons et germaniques correspondent à des étapes différentes dans le traitement de l'objet malade.

La conservation recouvre en fait tous les soins prodigués à l'intéressé afin de stopper l'évolution de la, ou des maladies.

La restauration se préoccupe de la surface peinte. Le conservateur ou rentoileur ne s'occupe que du support et de sa préparation.

 

Ces opérations de conservation qui tendent à rétablir l'oeuvre, à prolonger sa vie, relèvent du domaine technique. Permettre sa lecture et sa découverte par un public, découle plus d'un domaine culturel. Donc la conservation serait plus en rapport avec le technique, et la restauration, mesures esthétiques de mise en valeur de l'oeuvre aurait un aspect plus culturel.

Ces définitions me paraissent beaucoup plus précises et donc meilleures que celles de la tradition française qui ont tendance à regrouper sous le seul terme de restauration toutes les étapes concernant à la fois le support, la préparation, et le filmogène .

Mais il est évident que de toute façon, la conservation comme la restauration sont animées d'un très grand respect envers l'oeuvre. La réversibilité doit rester la priorité.

Gilberte Emile-Male, nous indique les trois règles qui régissent la restauration de nos jours. Il s'agit de : "la lisibilité, la stabilité, la réversibilité" .

La restauration de la couche picturale strictement limitée aux accidents permet cette lisibilité. Elle est le symbole de la jouissance de l'oeil, pour tout spectateur.

La stabilité ne peut être apportée que par des matériaux eux-mêmes très stables. Malheureusement comme nous le signifie Gilberte Emile-Male dans ce même livre : "la solution est rendue difficile par la disparition progressive des matériaux naturels ayant faits leurs preuves depuis des siècles et le recul encore insuffisant pour juger le comportement des matériaux nouveaux" .

La réversibilité est une exigence relativement moderne, elle n'apparaît qu'au début de notre siècle. Le restaurateur doit toujours être en recul par rapport à l'oeuvre, il est là pour apporter une solution qui ne sera certainement pas définitive. En conséquence il est extrêmement important de pouvoir revenir sur une restauration. Il faut prendre conscience que certaines actions telles que le nettoyage ou un dévernissage par exemple, marqueront à jamais le tableau.

  

 

PRESENTATION

 

Quelques éléments techniques...

 

 

 

Retour Page de garde